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 Energie: Indicateurs clés

 

1- Qualité de la fourniture d’électricité (source: World Economic Forum)   

2- Coût de l’électricité (source: Enquête CIAN)

3- Prix de l’électricité industrielle et du fioul (source: Knoema et UPDEA) 

4- Disponibilité et prix de l’électricité (source: Banque Mondiale)

5- Un secteur privé encore balbutiant 

6- Exemple d’une stratégie gagnante: L’Ethiopie 

7- Un pays en grande difficulté énergétique: Le Nigéria 

8- Le Programme de Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA) 


 

 

1- Qualité de la fourniture d’électricité (World Economic Forum)

L’Afrique du sud, l’Algérie, l’Egypte, le Ghana, le Maroc, Maurice et la Tunisie se situent à des niveaux de qualité de fourniture d’électricité comparables à ceux de la Chine et de la Pologne. Les autres pays, en particulier l’Angola et le Bénin, rencontrent des difficultés importantes.

 

Source: World Economic Forum – Global Competitiveness Report – Index 2.09

Date de dernière mise à jour du graphique: Mai 2020

Echelle de notation couleurs



2- Coût de l’électricité (source: Enquête CIAN – Comité français des investisseurs en Afrique)

A l’exception du Maroc, de l’Algérie et de l’Ethiopie, tous les pays africains affichent des coûts de l’électricité très élevés. Parmi les pays couverts par l’Observatoire, les coûts sont particulièrement élevés en Afrique du sud, au Kenya et au Ghana.

Source: Enquête du CIAN

Date de dernière mise à jour: 2018

 

 

3- Prix de l’électricité industrielle (sources: Knoema et UPDEA)

Le consommateur africain paie l’électricité en moyenne 14 c$/kWh (13 c€/kWh), quand celui d’Asie du Sud paie seulement 4 c$/kWh. L’écart va toutefois en s’amenuisant par rapport à la Chine. En Europe de l’Ouest le prix moyen est un peu supérieur (18 c€/kWh) mais le pouvoir d’achat des ménages est beaucoup plus élevé. Le coût du kWh est très variable d’un pays à l’autre. C’est en Egypte que la “compétitivité énergétique” est globalement la meilleure.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation:

Des coûts de production élevés: 46% des centrales africaines fonctionnent avec du fioul industriel, contre seulement 6 % dans le reste du monde. La plupart des États africains importent leur combustible, faute de raffineries, y compris certains états producteurs de pétrole. À cela s’ajoute l’utilisation intensive de groupes électrogènes par les sociétés d’électricité, avec un coût de production (jusqu’à 0,40 $/kWh) de 50% à 100% plus élevé que le kWh produit à partir d’hydrocarbures, et trois fois le coût du kWh produit par une unité hydroélectrique de 500MW.
•Des réseaux trop petits : La taille des réseaux de distribution d’électricité africains, conçus pour une faible demande, ne permet pas de réaliser des économies d’échelle en matière d’exploitation. Le projet ouest-africain (réseau Côte-d’Ivoire/Liberia/Sierra-Leone/Guinée) en est au stade des appels à manifestation d’intérêt, mais plusieurs interconnexions entre pays existent déjà, autour de la Côte-d’Ivoire notamment. Les projets ambitieux d’autoroutes de l’énergie qui traverseront le continent africain, notamment de l’Égypte à l’Afrique du Sud, pourraient voir le jour à l’horizon 2020.
Pas assez d’industriels: A l’exception de l’Afrique du sud, la faible densité du tissu industriel ne permet pas aux sociétés d’électricité de disposer de revenus suffisants pour financer le développement de leurs réseaux. Les sociétés minières notamment, très énergivores, produisent fréquemment leur propre électricité.
Les Africains ne paient pas leur électricité au juste prix: Cette « non-couverture » des coûts ne permet pas aux sociétés d’électricité d’assurer l’exploitation et la maintenance des systèmes de production et de distribution électrique, et encore moins de réaliser des investissements, pourtant essentiels pour répondre à l’explosion de la demande. Ce sont les pouvoirs publics qui, très souvent, comblent les déficits en octroyant d’importantes subventions.
Les marges pratiquées par les producteurs d’électricité sont souvent très élevées.

Plusieurs pays africains ont pris des mesures pour moderniser le secteur de la production d’électricité, sans toutefois réformer en profondeur les structures de gouvernance. Nulle part en Afrique subsaharienne on ne rencontre le modèle standard basé sur une dérèglementation et des privatisations ouvrant la porte à une véritable concurrence. Le système le plus couramment rencontré est celui d’un marché « hybride », dans lequel l’entreprise publique de production d’électricité conserve une position largement dominante.

4- Disponibilité et prix de l’électricité (source: Banque Mondiale)

Une faible proportion des entreprises et des ménages d’Afrique subsaharienne ont accès à une électricité fiable.

Source: “Africa Pulse” – Banque Mondiale – Avril 2018.

Les tarifs et le recouvrement des coûts

Récemment, les tentatives de réforme du secteur de l’énergie (y compris l’électricité) ont entraîné une augmentation des tarifs de l’électricité dans la plupart des pays. Le tarif moyen de l’électricité en Afrique subsaharienne s’élève à 0,17 dollar par kWh,  mais il existe une forte disparité entre les moyennes nationales, qui vont de 0,04 dollar par kWh en Éthiopie à 0,50 dollar par kWh au Liberia. Ces chiffres n’incluent pas les taxes sur la valeur ajoutée ni les autres taxes (Trimble et coll. ,2016).

Les tarifs industriels et commerciaux appliqués en Afrique subsaharienne figurent parmi les plus élevés au monde. Dans de nombreux pays, les tarifs industriels élevés visent à éviter une hausse des tarifs de l’électricité pour les ménages ; en outre, les ménages ayant une forte consommation ainsi que les entreprises, subventionnent la consommation minimale des consommateurs à faible revenu via la mise en place de tarifs minimaux (RISE, 2014).

Source: “Africa Pulse” – Banque Mondiale – Avril 2018.

 Source: “Africa Pulse” – Banque Mondiale – Avril 2018.

 

5- Un secteur privé balbutiant

Le refus des gouvernements de faire payer aux citoyens le véritable prix de l’électricité décourage les producteurs indépendants crédibles. Sur l’ensemble du continent africain, l’inefficacité des opérateurs d’électricité — le plus souvent étatiques — est quasiment toujours à l’origine des défaillances du secteur électrique. Un opérateur de qualité joue un rôle central dans la stabilisation du secteur, comme l’attestent les exemples de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) en Côte d’Ivoire, d’Umeme en Ouganda, de la société Kenya Power and Lighting Company (KPLC) et dans une certaine mesure, celui d’AES-Sonel au Cameroun. La Côte d’Ivoire a attiré plus d’un milliard de dollars d’investissement en 18 mois pour augmenter la capacité de production du pays de 30 %. L’Ouganda a divisé par deux le coût de l’électricité et triplé son taux d’accès à l’électricité, en grande partie grâce à la privatisation du service. Le Kenya est en train d’accroître massivement sa capacité de production, à la fois thermique et renouvelable grâce à un ensemble de nouveaux producteurs privés et l’Afrique du Sud a su tirer parti du secteur privé pour augmenter rapidement sa capacité de production solaire et éolienne.

Consommation électrique et part du secteur privé dans les capacités installées

en Afrique subsaharienne

Sources: IEA, World Energy Outlook 2016 – Proparco / Secteur Privé & Développement, 2017.

Notes:
Données basées sur des estimations de sources et d’années différentes
Les IPPs excluent les capacités thermiques d’urgence, les capacités privées utilisées à fins d’autoconsommation et les actifs ayant fait l’objet de privatisation.


6- Exemple d’une stratégie gagnante: L’Ethiopie

Le coût de l’énergie en Ethiopie est faible par rapport à d’autres pays de la même région. Au Kenya, l’énergie coûte 18 cts/kWh, contre 2 cts/kWh en Éthiopie. Au cours de l’année 2013, le gouvernement éthiopien a investi dans plusieurs projets énergétiques. Le “barrage Renaissance”, en cours de construction, sera la plus grande centrale hydroélectrique d’Afrique quand il sera achevé. Ces investissements entraînent une réduction des coûts de production d’électricité par rapport aux pays voisins, ce qui incite les sociétés transnationales à investir dans le pays.
Des incitations fortes sont pratiquées par les pouvoirs publics. Comme d’autres, le groupe chinois Huajian spécialisé dans la fabrication de chaussures s’est installé dans la zone industrielle de Dukem, à 30 km au sud d’Addis Abeba, que les chinois ont construit pour accueillir, entre autres, des implantations de multinationales. Les entreprises bénéficient durant quatre ans d’exonérations fiscales et d’électricité gratuite.
Sources: 1/ : Etude « Made in Ethiopia » réalisée par l’Université d’Uppsala (juin 2014) – 2/ : Géopolitique de l’Electricité – N° 38 – janvier 2014.


7- Un pays en grande difficulté : Le Nigéria

La situation de l’approvisionnement électrique au Nigeria est intenable. Le dynamisme du pays est réel et son potentiel de développement immense. La croissance sera cassée si le problème de l’électricité n’est pas réglé. L’immense pauvreté et la démographie la rendent pourtant indispensable. Comme un certain nombre d’activités ne peuvent se développer sans électricité, et que les coupures sont fréquentes, imprévisibles et de durées aléatoires, les Nigérians possèdent environ soixante millions de groupes électrogènes diesel. Le pays est un des plus importants importateurs mondiaux de ces matériels : plus de 100MUS$/an. Environ 86% des entreprises du Nigeria possèdent leur groupe électrogène et environ 48% de leurs besoins en électricité sont couverts de cette façon. Une étude de l’Université Harvard, datée de 2010, chiffre à 30% de la consommation totale l’apport de ces diesels. Beaucoup de ces groupes sont de faible puissance. L’électricité produite par les diesels est bien plus chère (30 à 35 c€/kWh) que celle du réseau (autour de 11 c€/kWh, après les augmentations de février 2016).
Sources : 1/ : www.energy.gov.ng – 2/ : Lettre Géopolitique de l’Electricité – N°62 – avril 2016 – 3/ : Adam Smith International-“The light is getting brighter in Nigeria”.

8- Le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA)

Ce Programme a été lancé officiellement à Kampala (Ouganda) en juillet 2010. Le PIDA repose sur l’hypothèse que les pays africains réaliseront un taux de croissance économique de 6 % par an en moyenne entre 2010 et 2040, alimenté par la croissance démographique, la progression des niveaux d’instruction et d’absorption des technologies. Cette croissance et cette prospérité durables vont multiplier la demande d’infrastructures, dont la pénurie est l’un des plus grands obstacles au développement durable du continent. Sur la base de ces hypothèses, la demande d’énergie électrique passerait de 590 térawatts-heure (TWh) en 2010 à plus de 3100 TWh en 2040, ce qui correspond à un taux de croissance annuel moyen proche de 6%. Pour y faire face, la capacité de production électrique installée devra passer du niveau actuel de 125 GW à près de 700 GW en 2040. Les volumes transportés seront multipliés par 6 ou 8, et jusqu’à 14 pour certains pays enclavés où l’augmentation sera particulièrement forte. La liste des projets et des programmes destinés à être mis en oeuvre à court et à moyen terme constitue le « Programme d’actions prioritaires » (PAP) du PIDA. Si le programme dans son ensemble peut être considéré comme la liste des projets à long terme de développement des infrastructures régionales en Afrique, le PAP présente pour l’immédiat le détail de projets et de programmes effectivement réalisables qui favoriseront une intégration régionale rationnelle entre 2012 et 2020. Les projets ont été hiérarchisés sur la base de trois grandes catégories de critères : 1) admissibilité et intégration régionale; 2) faisabilité et état de préparation; 3) impacts sur le développement. L’Afrique réalise déjà des progrès considérables en matière d’infrastructures régionales, avec des projets comme les corridors routiers Mombasa-Nairobi-Addis et Tema-Ouagadougou- Bamako, le corridor routier Trans- Maghreb (TAH 1), le pont de Kazangula et le corridor routier Bamenda-Enugu. Bien qu’il soit difficile de projeter précisément le coût en capital sur la durée (actuellement estimé à plus de 360 milliards USD) de la mise en oeuvre de PIDA jusqu’en 2040, le coût global en capital de l’exécution du PAP de 2012 à 2020 est estimé à près de 68 milliards USD, soit environ 7,5 milliards USD annuellement pour les neuf prochaines années.

Source: Programme pour le développement des infrastructures en Afrique – NEPAD

Nota: La liste des 9 projets prioritaires du PAP dans le domaine de l’énergie est consultable sur le lien suivant:

Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) – Secteur Transports 


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